Samedi 19 juin 2010 6 19 /06 /Juin /2010 23:50

Nous avons retrouvé une lettre de Tati Adams , se renseignant sur la Lance de Upufara

 

1896 Tati-Adams

12 novembre 1896, Tahiti

Cher Tauraatua,

 

 

J’ai bien reçu, il y a quelques jours, votre lettre de Paris, datée du 1er septembre ( Adams se trouvait de nouveau à Paris après un court séjour à Hambourg au mois d’août. Il devait quitter la France le 26 septembre sur le saint-louis. ) et elle m’a fait grand plaisir.

 

Je ne puis, simplement d’après les notes qu’elle contenait, vous dire si aucune des lances est "Taeaeore", vous dire si aucune des lances est " Muri here- Taeaeore" (Nom de la lance d’Opuhara. Littéralement, "Murihere" : " Qui aime fletrir", "Taeae ore " : Qui n’a pas de frère", Opuhara portait cette arme lors de la bataille de Tefeipi (voir 1892, note 39). Le nom de cette lance provient en partie du fait que Tati n’ avait pas voulu se joindre à ce combat contre les armée <<chrétiennes>> de Pomaré, abandonnant ainsi son frère à son destin.) que l’amiral Bruat l’avait donnée au Louvre et en 1870, lors d’une visite que nous y avions fait tous les deux, l’amiral La Roncière Armand Joseph Bruat (1796-1855).Gouverneur des Marquises, puis de Tahiti Artisant du protectorat en 1846-47, devint préfet maritime à Toulon, gouverneur des Antilles puis amiral de la Flotte en Grimée.) m’en montra une, parmi d’autres, comme étant celle dOpuhara.

 

Les récits anciens disent qu’il en avait deux : l’une s’appelait le "Taa o Tahiti ", ou "Mâchoire de Tahiti" ; c’était précisément celle qu’il tenait au moment de sa mort et elle disparut aux mains de l’ennemi. L’autre était portée par son écuyer ou porteur ; elle fut prise par Potahi, l’un de ses guerriers, qui la conserva pendant le désastre de Tefeipi.

 

Après cette bataille, il la ramena à Papara et ne la donna à Tati que lorsque tout fut calmé, car ils savaient tous qu’il ne pourrait jamais employer une arme si formidable. En effet, même en ce temps-là, il n y avait que deux autres guerriers dans toute la troupe qui pouvaient porter cette lance.

 

Alors, si vous revenez à Paris, allez au Louvre et vous la verrez, et peut-être même le catalogue fera-t-il mention de son origine. (Amiral de la flotte impériale, frère cadet du gouverneur Emile de la Roncière dont l’administration à Tahiti fut marquée par de nombreux litiges et conflits.)

 

Je n'ai pu vérifier si effectivement cete lance se trouve au louvre ....ou au quai Branly ...

Toutefois un ami m'a dit , il y a tres longtemps , il avait apercu la lance de Opuhara dans la collection de l'ancien gouverneur Montasnié !!!

 

Si parmi les internautes , il y en a qui savent ou se trouvent l'une ou l'autre de ces Lances , nous apprécierons qu'il partage cete information avec nous , dans l'espoir de voir un jour ces Lances exposés au Musée des iles afin que nous puissions Tous admirer ces Lances ....

 

Maururu

 

Extraits d'articles précédentes qui évoquent les Lances de UPUFARA

La Guerre de Fei pi, et le meurtre de Opuhara , selon les mémoires Marau Taaroa (31/10/2008 )

« Nous étions sur les pirogues de guerre avec notre chef, nous dirigeant vers le rivage où Taataroa, avec son armée stationnait. Soudain nous l’entendîmes, s’adresser à Opuhara et lui dire :

« Regarde derrière le marae de Narii, je viens de voir des Blancs avec des mosquets, ils semblent suspects, on diarait qu’ils se cachent ».

-         Ne crains rien, mon cousin, répondit Opuhara, Pomare n’a pas encore officiellement déclaré la guerre, nous avons le temps de prendre du repos. »

  A ce moment-là, il était toujours dans sa pirogue. Taataroa, qui était très proche de nous, gardait ses yeux fixés sur le marae devant lui. Il appela encore :  « Opuhara descends à terre. Je me méfie de ces hommes blancs ; lorsque je les regarde ils changent de place. J’en ai vu trois avec leurs fusils sur les épaules. Je préférerais te voir à terre à côté de ce pied d’arbre à pain où tu serais protégé. »

  Mais en riant, Opuhara répondit :  « Comment pourraient-ils tirer sur nous avant l’avertissement habituel ? Les missionaires blancs sont avec eux. Nous, qu’ils appelent des sauvages, ne pourrions être plus loyaux à l’honneur qu’eux. Attendons. » Cependant, sur l’insistance de son cousin, Opuhara finalement se prépara à descendre à terre.

  « Fais attention, dit Taataroa. « Les voilà de nouveau avec leurs mousquets. Viens, Opuhara, tiens-toi derrière cet arbre. Je les vois encore ! »

-         Quelle honte, Taataroa, répondit fièrement Opuhara, la montagne de Tamaiti ne peut se cacher. Viens, attendons le cri de guerre de Pomare. »

Puis il s'élança a terre. Ce fut le signal. Une volée d'armes a feu vint du marae.
«  Tu as raison, mon cousin » dit Opuhara. « Réunis ton armée, fais retentir le cri de guerre ». Puis d’une voix forte, il s’écria : « Teva, enfants du vent du Sud, d’Ahurei, enfants de la pluie, ne craignez pas les armes à feu. Nous avons le bon bois ! Il ne faut qu’un peu de courage pour combattre des traîtres et des lâches qui… »

  Il ne termina jamais. Une seconde volée arriva.

  Je le vois, opuhara, se tenant majestueux dans sa noble beauté. D’une main il tenait fièrement sa lance Urihere taeaeore. C’était un magnifique spectacle… Jusqu'à ma mort je le verrai ainsi. Mais il fut une cible trop belle pour les chiens qui le mordirent. Opuhara, la montagne de Tamaiti, tomba lorsque la seconde volée explosa.

  « D’une voix puissante il cria : « En avant, Teva. Ne craignez pas les porcs qui se cachent ». Mais l’armée pousssa des cris qui secouèrent la terre ; se rendant compte de ce qui était arrivé, ils étaient frappés de stupeur. Tous ceux qui le purent, entouraient leur chef qu’ils ne pouvaient quitter. Les armes à feu cessèrent… pourquoi ? nous ne le sûmes jamais.

  « Comme la voix d’Opuhara faiblissait de plus en plus, l’armée se tenait autour de lui espérant encore l’entendre. « Mes enfants, votre tête est maintenant séparée de votre corps ». D’une voix haletante il dit ses derniers mots que l’on chante encore aujourd’hui :

 

    Moi, Opuhara !

    Le jour est haut levé

    Le Ti du Mont Tamaiti est cassé

    Le pandanus de Mataoa est divisé- La lance d’Opuhara était taillée dans du bois du pandanus du marae royal de Mataoa. Cette expression signifie que le pouvoir tomberait dans les mains de Pomare.

 

    O mes enfants, je pleure ma montagne Tamaiti [de Papara].

    Les tambours de Farepua appellent toa ( Toa. Le vent de ce nom était accompagné de nuages sombres. C’était un signe de deuil pour un arii de Farepua), le vent du Sud afin qu’il souffle,

           Pour éventer l’agonie de son arii

    Opuhara, qui donne sa vie pour sa terre natale.

    Que ma peine est grande !

 

*Présentation de Opuhara selon les memoires de Marau (27/10/2008 )

"Trois hommes très forts d’aujourd’hui pourraient difficilement soulever sa lance Urihere,  « qui aime flétrir ».

            Peu après l’arrivée des premiers missionnaires, ayant été averti qu’un nouvel enseignement et de nouvelles lois étaient projetés qui devaient changer radicalement le vieil ordre ordre, qui signifieraient l’abjuration de tout ce qui pour lui était sacré, il appela les Teva dans un conseil à Papara et proclama que ce nouvel ordre était dangereux pour le bien-être des Tahitiens et ses conséquences fatales au pays.

            Il sentait que ce régime, contraire aux coutumes nationales et à l’environnement local, si on lui permettait de s’établir librement, occasionnerait la ruine du peuple. Il fut voté que les Européens seraient chassés de l’île.

            Peu après cette assemblée, Opuhara se rendit à Tautira pour une autre réunion des Teva. A son retour à Papara, il fut très étonné et très fâché d’apprendre que son frère Tati avait consenti à recevoir Tu et ses protégés, les missionnaires, profitant de son absence pour les voir. Sans plus attendre, il envoya un message d’adieu à Tati.

            « Dis-lui », dit-il à son messager, « qu’à partir d’aujourd’hui j’appellerai  ma lance –sans frere- parcequ’il a oublié son père , Tevarua ite  meharo, en acceptant Tu qui avait ordonné le massacre de ses cousins. "

 

Par opuhara
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Les dernières mots de Opuhara

Moi, Opuhara! Le jour est haut levé, Le Ti du mont Tamaiti est cassé, Le pandanus de Mataoa est divisé. O mes enfants , je pleure ma montagne Tamaiti. Les Tambours de Farepua appellent Toa, le vent du Sud afin qu'il souffle, pour éventer l'agonie de son arii.Opuhara, qui donna sa vie pour sa terre natale. Que ma peine est grande

Présentation

Te mau Tamuta ma'ohi

Le site consacré a la mémoire de Opuhara, upufara, est le travail de differents jeunes et moins jeunes, Heiata, Vaihei , Timeri,Joanny, Sabrina,nous nous réferons a des livres tel que "Les mémoires de Marau Taaroa, Tahiti aux temps anciens, ala recherche de la polynésie d'autrefois, ...mais aussi aux autres sites tel que celui de Moanaura Walker "Tehivarereata"
Toute personne qui souhaite contribuer a ce travail de mémoire est la bienvenue et peut me joindre :
sarahina.tahiti@gmail.com

maururu 

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