Apres le meurtre de Opuhara, selon Marau Taaroa

Publié le par opuhara

La calamité  du 11 novembre 1815 etait le signe de cette nouvelle ère qui était venue couvrir Tahiti  de son manteau de douleur . La guerre des "Fei pi" fut une révélation pour les tahitiens, et j'ose dire, pour Opuhara.C'était la conception de guerre sous d'autres regles.Les tahitiens étaient habitués a d'autres manières et a d'autres coutumes dans leurs guerres.Il était d'usage de déclarer la guerre officiellement, avec grande cérémonie.

 

Le cri de guerre était toujours proclamé et donnait toujours l'avertissement que l'attaque allait commencer. La Foi obstiné de Opuhara dans l'honneur de ses ennemis lui couta la vie. Les Teva ont raison lorsqu'ils appellent la bataille de "Fei pi" " La bataille du meurtre". En réalité , il n'y eut pas de bataille; seul un homme mourrut , et il fut assassiné, abbatu, non par les tahitiens chrétiens, comme l'a rapporté Ellis, mais par un homme blanc... Opuhara, le dernier guerrier de Tahiti, "Opuhara le Revolutionnaire!" ainsi qu'il fut appelé par un étranger ignorant, qui relata a demi cet evenement infamant et la qualifia d'histoire pour duper les Européens. Pendant  trop longtemps l'obscurité de cette nouvelle ère a éteint l'éclat de notre mode de vie. Justice doit etre rendue à Opuhara, qui combattit les prétentions de Pomare, qu'il avait raison de considerer comme un usurpateur, contre les missionnaires, les protecteurs de Pomare, qu'il considerait comme des intrus.

Opuhara  se battit pour conserver les traditions de sa race et mourrut pour proteger la grandeur et l'honneur de son pays. Il s'est battu pour un idéal, sa montagne, qui representait son droit de naissance et tout ce que cela comportait, qui avait été construit et consacré sur le bloc de corail, appelé Farepua et sur Marae i Mataoa.

Opuhara était un Héros entre les Héros, et c'est ainsi qu'il doit passer dans l'histoire.

 

Après Fei pi , les nouvelles lois furent institués par le nouveau pouvoir sur le pays, les missionnaires, quelques-unes interdisant formellement le récit de nos traditions,littérature, mythologie, et généalogies, infligeant de très severes punitions à ceux qui étaient accusés d'avoir enfreint ces lois.

L'image de Oro fut brulée comme une idole, les marae furent détruits,les Tii , dont le grand crime était de servir de protection aux rahui, et de servir de bornes aux résidences royales et à l'enceinte des marae...Tout fut fanatiquement détruit!

Dans leur Zèle "ces oiseaux migrateurs" détruisirent nos  légendes et éffacèrent notre histoire. Ils détruisirent aussi presque toutes les généalogies qui étaient basées sur les divinités.

Si Aujourd'hui , les jeunes générations ont complètement oublié leur propre histoire, c'est a cause de cette frénésie destructrice. Non seulement j'ai entendu parler de ces pratiques par ma propre famille, mais des récits en ont été publiés que je puis citer . Dumont D'Urville, par exemple, est probant.

 

.." Dans vingt ans d'ici , ces souvenirs de vie ancienne , ces temples , ces tombes, que la végétation dévore , n'auront pas meme la chance d'un souvenir dans la tradition populaire. Les pasteurs chrétiens défendent qu'on articule un seul mot a leur sujet, et le vieux Tamati semblait fort inquiet a la pensée que je trahisse sa confiance. Il se défiait même de son fils, tant le systeme d'espionnage et de surveillance mutuelle avait été poussé loin, tant il était devenu outrageant pour les devoirs et les sentiments de la famille......

....J'y fus rejoint par un anglais, habitant de Borabora, qui m'avait suivi à peu de distance avec un guide. Jones c'était son nom, m'accosta fort amicalement....

.... Il me parla du commerce de l'ile, de la situation des missionnaires, de l'obeissance timide et absolue des naturels. " Croiriez -vous , me dit il , que je n'ai rien pu obtenir d'eux touchant leur vielle histoire qui est fort intérressante? On les force à renier leurs pères. Vous piquez ma curiosité, lui repliquai je; en voici un qui me parait plus accomodant que les autres; si nous essayions?" Nous essayames, en effet, nous demandames  à Tamati l'histoire du brave chef Pouni; Mais a cette brusque ouverture , mon guide se troubla; j'insistai , j'offris un joli mirroir de poche. Il hésita encore, il semblait partagé entre le désir d'obtenir l'objet et la crainte d'avoir a s'en repentir. Il jetait surtout des regards inquiets sur les 2 boraboriens présents; Il craignait même son petit fils. " Eloignons les autres, me dit l'anglais." Je trouvai un pretexte, je leur donnai un couteau à chacun, en leur disant d'aller me couper des cocos, et de nous attendre ensuite à terre.

Alors le viellard respira plus librement: " Cela me fait plaisir de parler de nos vielles coutumes; j'aime encore nos danses nationales, j'aime nos jeux qu'on a proscrits , nos costumes qu'on a déchirés, notre beau tatouage qui va s'éffaçant. Quand je songe à nos combats d'autrefois, je saute sur mon casse tete et je prend la pose de bataille. Pauvre Tamati!On m'a converti trop vieux! Je ferai toujours un mauvais chrétien! Oui, je tiens encore à ce qui n'est plus , j'ai du respect pour les choses abolies. Mais que voulez vous? On ne peut plus parler. C'est défendu. Si vous dites un mot , vos enfants vous trahissent. Les missionnaires ordonnent aux rois de vous condamner, et les rois vous condamnent. Il faut dire ses palapalas (prières) , voila tout. " Nous rassurames le viellard et le plaignimes si bien qu'il nous raconta l'histoire de Pouni ( Dumont D'urville Voyage pittoresque autour du monde , p 539-40)

 

L'introduction de ce régime donna à Pomare le fruit convoité. Les missionnaires proclamèrent le règne du christianisme et Pomare II, Roi de Tahiti. Pour etre reconnu formellement Arii Nui , Pomare II ordonna que la cérémonie du Ee raa marae aurait lie sur le Marae Terai apiti appelé Marae taata depuis le jour ou les sacrifices humains avaient été offerts au dieu oro sur ce temple. En même temps, conformément aux anciennes lois, Tu envoya ses mesagers à Pouira, " Le pilier de l'eclair" qui était Tevahitua i patea , gardien du marae de sa division. " Allez retournez" répondit Pouira. "Dites à votre maitre que bien qu'il ait été proclamé la tête politique de l'île , Tu d'Arue n'a pas l'honneur d'un siège sur le marae Terai apiti!"

Cette protestation fut reçue comme une insulte.

Tu répondit : "retournez et dites à Pouira que j'ai mesuré mon pouvoir à celui des dieux et j'ai triomphé. A partir d'aujourd'hui je suis Tu nui eaa ite atua i Tarahoi, Tu le grand qui s'est mesuré aux dieux!"

Après quoi le mot nui , grand fut remplacé par rahi ; eaa, mesure par Faito.

Oui , Tu d'une famille de arii de 3ème classe, du plus petit et du moins important des districts de l'île, grâce aux armes à feu et l'aide des blancs, atteignit au faîte de l'ambition et devint le Arii le plus puissant de ces îles; mais sa situation n'était pas aussi brillante, ni aussi calme que le rapporte Ellis dans ses "polynesian Researches".

 

L'armée des blancs ne pouvait pas encore se déclarer victorieuse. Les institutions du pays , son système de gouvernement , son héritage racial ne pouvaient être changés en un clin d'oeil. Le meurtre de Opuhara de Farepua ne pouvait être versé comme celui d'un vulgaire mutin.

La nouvelle tomba comme la Foudre. Le peuple était frappé de stupeur. Un long cri de vengeance se répandit sur tout le pays. Le roi , par la grâce des missionnaires , n'avait pas aussi rapidement gagné la partie. Pomateao de Toorai, la soeur de Opuhara, attendait le corps de son frère sur le marae de Mataoa, ou elle se taillada la tête avec une dent de requin, en une invocation sacrée et un appel pour venger le sang de son frère. Son appel fut entendu à Farepua, jusqu'au bout de Tahiti. C'était un ordre sacré qu'aucun Pomare ne pouvait arrêter. Pomare le savait. Le sang de Farepua devait être vengé.

Il n'yavait qu'une manière de sauver ce nouveau trone branlant; il n'y a qu'une personne qui pouvait arrêter ce mouvement; une fille, qui en sa personne representait Farepua, Mataoa, Marae Tefano, Nuurua, Matahiapo(première née) , Paarae ( le front de la famille) , Arii Manihinihi d'Eimeo.

Les descendants des deux enfants d'Aumoana et de Teura i te Rai avaient régné en ligne directe jusqu'en 1815, comme Arii nui de Tahiti et d'Eimeo; mais la rapide extinction des familles des Arii à Tahiti avait laissé Marama, la tête d'Eimeo, l'héritier des plus grands noms et propriétés dans ces deux iles.

Il avait une enfant unique, Arii Manihinihi , une fille . Elle était la dernière des trois ou quatre familles sacrée des deux iles.

Arii Manihinihi , Temarii Tunoo ite rai e tu i Eimeo, l'enfant élevé jusqu'au ciel pour se tenir sur le marae d'Eimeo, avait perdu son pere alors qu'elle était toute petite. Tetuanui itia, cousine au premier degré de Marama, la réclama disant qu'elle lui appartenait, et, suivant les règles dans nos familles tahitiennes , elle devint l'enfant de Tetuanui reia i te rai atea de Nuurua et de Pomare Vairaatoa, son mari. Elle fut élevée avec Pomare II qui la considerait et l'aimait comme une soeur.

( C'est un fait connu que Pomare n'a jamais reconnu aucune autre  relation de famille que celle qui lui venait de sa mere)

Le mariage de cette fille avec le fils ainé de Tati et Tehea i Farerua avait été  prémédité par Pomare , qui fit sa demande formelle à Tati, qui la transmis à Pomateao, sa soeur. Pomateao et son peuple rejetèrent la demande de Pomare, mais sa mort soudaine , peu apres , changea l'histoire de la dynastie de la famille de Papara- Vaiari. Le mariage eut lieu et Pomare revendiqua que l'enfant premier né serait appelé Taaroa arii, que  sa revendication devrait être continuée dans les générations suivantes, que les enfants des deux familles ne pourraient jamais être donnés en mariage en dehors de ces deux familles.  

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M
<br /> <br /> I wish to salute your initiative my dear friend. L'histoire de notre pays doit encore etre revue par ses propres enfants car elle contient dans les dits et les non-dits, dans les faits rapportees<br /> et ceux effaces par malice ou par inattention des verites qui nous aident a mieux comprendre le present dans sa beaute et ses defauts; on se sert du passe pour guider nos actions, celles qui<br /> meneront a un future prospere! Un travail magnifique qui pourrait etre le sujet d'une these pour pousser le sujet encore plus en avant ... Faaitoito i teie opuaraa e ia manuia!<br /> <br /> <br /> <br />
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T
Iaorana ia 'oe i papa'i i teie parau.Bonjour,je suis arrivé par hasard sur ce blog, et je voudrais ici féliciter le concepteur, pour essayer d'arrêter cette frénésie d'un pomare de devenir un arii du pacifique. Le 9 septembre 2009 aura lieu l'intronisation du roi pamare.C'est une recherche de l'histoire qu'il faut creuser pour tenter de rétablir des vérités, quitte à ce que cela fasse mal à certains.
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O
<br /> <br /> Merci Tariparau Reiatua ,<br /> <br /> <br /> pour ton commentaire , effectivement , l'habit ne fait pas le moine , et l'histoire qu'on nous a raconté a l'école , a l'école de dimanche , n'est pas forcement la vérité , et ce travail a mettre<br /> en ligne les pages de notre Histoire  a pour objet justement d'ouvrir une fenetre , pour qu'il y ai plus d'éclairage , sur un passage fondamentale de notre HISTOIRE !!!<br /> <br /> <br /> comment les missionnaires ont procédés pour décapiter nos "dieux" , qui étaient les principaux acteurs , et qu'est ce qu'il les ont motivés ...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Evidement , je mon fil conducteur est UPUFARA , Le dernier véritable Arii de Tahiti !!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> maururu<br /> <br /> <br /> <br />
M
Grandes félicitations pour cette résurrection des origines maohi....je vis à Raiatea et je suis sûre que les "ancêtres" veillent toujours, à l'écoute de ceux qui les respectent encore malgré ceux qui les ont reniés.....
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O
<br /> <br /> Ia ora na Manuha ,<br /> <br /> <br /> merci pour ces encouragements , gardons l'espoir que d'ici 2015 ( 200 ans apres le meurtre de OPUHARA) notre jeunesse se reveillera a notre Histoire, a notre culture , a notre spiritualité ....et<br /> nous apprendra le respect , mais aussi la curiosité de decouvrir , nos Tupunas , ainsi que nos cultes, nos dieux ...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Maururu<br /> <br /> <br /> <br />
M
grâce à la rivalité anglo-française de l'époque, nous pouvons acceder à des descriptions relatants les abus des uns et des autres, comme Dumont d'urville dénonçant ici les méthodes totalitaires utilisées par les missionnaires anglais pour acculturer les natifs.<br /> cela dit, quelques années plus tard les colons Français ont commis les mêmes brutalités à l"encontre du peuple ma'ohi(guerre franco-tahitienne).<br /> merci Sab pour ces morceaux d'histoire.
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