La consécration De Ariioehau, fut la dernière ,sur le marae Farepua

Publié le par opuhara

P 264  -    du livre Mémoires de la reine Marau

 

Après  le mariage , Pomare emmena Arii Manihinihi et son mari à moorea auprès de lui, et ils ne furent jamais séparés de lui. Avant sa mort , il savait qu'elle aurait bientot un enfant.

"Souviens toi, Arii Manihinihi" lui dit il. " L'enfant que tu attends est le mien et celui de Teriiaetua (sa fiancée morte) que je vais rejoindre".

Conformément aux coutumes qui étaient encore en vigueur à cette époque, Arii Manihinihi vint a Tahiti, pour que son enfant puisse voir le jour a Vaiari, Le berceau des Arii de Farepua, dans la maison royale de plumes rouges, Poumariorio, sur la place d'assemblée de Tauaa, à proximité des sons de Toere de bambou de Farepua. Elle vint en grande pompe sur la pirogue royale Te ofa o Nuurua avec cinquante rameurs de choix qui portaient les couleurs de Eimeo , précédée d'une flottille qui transportaient sa nombreuse suite.

Lorsque le temps approcha, des representants des différents membres des familles arii de Tahiti , et des iles Sous le vent, commencèrent à arriver pour l'évènement attendu, et adopter l'enfant. Mais Terito, la femme de Pomare, était aussi là, elle était venue pour veiller à l'accomplissement de la dernière volonté de Pomare.

Le conseil de famille fut réuni, ainsi que le voulait la coutume, qui décida que le desir de Pomare serait respecté, à la condition que l'enfant porterait aussi le nom de Ariioehau, " Arii de la paix", nom donnée par la famille d'Eimeo, de manière que la paix apportée par le mariage d'Arii Manihinihi serait perpetuée par son enfant, et , en considération du desir de Tati et des Teva, l'enfant porterait aussi le nom royal des Teva... Teriirere i outu rau ma Tooarai, "Le Arii qui de Tooarai prend son vol vers d'autres pointes".

L'enfant naquit vers 1822, trois ou quatre mois apres la mort de Pomare. Quelques jours après sa naissance , bien que ce fut l'ère chrétienne, la petite fille fut consacrée en grande pompe sur le Marae i Farepua, comme le Paarae, la tête de la famille, en présence des familles royales de Tahiti et des iles sous le vent, dont quelques uns des membres étaient des chrétiens baptisés.

Cette position de tête sociale, elle la maintint sa vie durant. Pomare IV, elle même, ne manqua jamais de l'honorer comme telle. De Vaiari elle fut portée à Papara, ou elle fut cette fois consacrée sur le marae i Mataoa.

Si l'on considère que c'est le 15 novembre 1815 (erreur , c'est le  12 nov 1815) qu'eut lieu la dernière prise de position des adorateurs des dieux tahitiens, Oro et Taaroa, à la  bataille des Fei Pi, ou notre grand oncle OPUHARA perdit la vie, on pourrait s'étonner que 7 ans apres, de telles cérémonies, appartenant aux rites des "paiens" aient pu etre permises.

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