Présentation de Opuhara selon les memoires de Marau

Publié le par opuhara

Dans les "Mémoires de Marau Taaroa" derniere reine de Tahiti, on peut lire a la p 248, et suivant l'histoire de Opuhara. En effet il existe tres peu d'information concernant Opuhara, car Diabolisé par les missionnaires pour son attachement a ses dieux, il fut egalement jalousé par les Pomare qui convoitait l'emprise sur Tahiti. Ainsi vont s'opposer deux histoires sur Opuhara, l'une ecrite par les missionnaires, l'autre ecrite par les descendants de Teva, Marau Taaroa et Arii Tai mai entre autre.....sans oublier Mai Arii......Au jour d'aujourd'hui , nous n'avons toujours pas trouvé de gravures du portrait de Opuhara.....si vous en avez , n'hesitez pas le partager avec nous!

Voici ce que Marau Taaroa a ecrit pour presenter OPUHARA:

 

            "Pour que vous sachiez qui est Opuhara, je dois vous parler du passé, de la généalogie, afin que vous puissiez comprendre sa position dans l’île de Tahiti, qui lui donna le droit de commander, de protester contre l’introduction d’un nouveau régime qu’il trouvait dangereux.

            Opuhara, né vers 1776, descendait en ligne directe de Tetunae, le premier Arii nui humain de Tahiti, par le frère d’Amo appelé Manea, qui avait imploré Purea de se souvenir des liens et des lois sacrés de la courtoisie lorsque, se tenant sur le rivage près de la pyramide qu’elle faisait élever à Mahaiatea, elle insulta  les Arii vahine de Ahurai et de Nuurua. Teriirere qu’elle voulait élever jusqu’au sommet des cieux, était mort sans héritier, et la lignée fut continuée par le prêtre, son oncle. Entre Teriirere et Manea, il régna un arii à Papara, dont on parla tantôt sous le nom de Temarii, Ariipaea, et Arii Faataia. C’était le fils d’Amo, par Tetua de Ahurai…un homme aux fortunes diverses, à un moment dépossédé par son tuteur au profit de Tu, à un autre moment au pouvoir, complotant avec Tu qu’il avait adopté, pour chasser Pomare du pays, pour être finalement tué accidentellement par une explosion de poudre à canon. On a dit que c’était un meurtre prémédité parce qu’il était le seul que craignait Pomare. Il mourut sans laisser d’enfant. (un peu plus loin on peut lire que ces enfants fut exterminés par leur de Pomare II en 1807) C’est la lignée de Manea qui succéda à ses droits.

            Manea, étant un fils cadet de la famille royale, fut ordonné grand-prêtre des marae de Tooarai, Manunu et Mataoa à Papara sous le nom de Te varua ite meharo (l’esprit qui éclaire). Il épousa Tetau et Ravea, petite-fille de Teieie. Ils eurent trois enfants, Teura ite rai, plus connu sous le nom de Tati, Opuhara, et Pomateao, une fille. Lorsque Arii Faataia mourut en 1798, Tati devait avoir vingt-quatre ou vingt-cinq ans et n’était pas encore marié. Ses rapports avec Tu étaient amicaux et il prit la succession de la tête du clan des Teva. C’était un homme sage et paisible, qui arrivait à ses fins par la diplomatie plutôt que la guerre.

 

 

            Comme fils cadet, Opuhara devint grand-prêtre et succéda à son père, en obédience aux anciennes lois. De bonne heure il fut initié dans les traditions de sa race, dans la connaissance de sa religion et de ses lois. Nourri de la littérature tahitienne et de ses croyances, il arriva à l’âge d’homme, avec une personnalité extraordinaire, c’était un arii supérieur.

Encore jeune étudiant, il aimait par-dessus tout, et peut-être encore plus que les rites sur le marae, les sports qu’il ne manquait jamais de pratiquer, ce qui lui avait donné une vigueur peu habituelle. Il était très grand, comme son frère Tati, qu’il dépassait non seulement en force physique mais aussi par la pénétration de l’esprit. Il devint très vite un guerrier expert et excellait dans les tours de force, dont il sortait toujours victorieux.

Trois hommes très forts d’aujourd’hui pourraient difficilement soulever sa lance Urihere,  « qui aime flétrir ».

            Peu après l’arrivée des premiers missionnaires, ayant été averti qu’un nouvel enseignement et de nouvelles lois étaient projetés qui devaient changer radicalement le vieil ordre ordre, qui signifieraient l’abjuration de tout ce qui pour lui était sacré, il appela les Teva dans un conseil à Papara et proclama que ce nouvel ordre était dangereux pour le bien-être des Tahitiens et ses conséquences fatales au pays.

            Il sentait que ce régime, contraire aux coutumes nationales et à l’environnement local, si on lui permettait de s’établir librement, occasionnerait la ruine du peuple. Il fut voté que les Européens seraient chassés de l’île.

            Peu après cette assemblée, Opuhara se rendit à Tautira pour une autre réunion des Teva. A son retour à Papara, il fut très étonné et très fâché d’apprendre que son frère Tati avait consenti à recevoir Tu et ses protégés, les missionnaires, profitant de son absence pour les voir. Sans plus attendre, il envoya un message d’adieu à Tati.

            « Dis-lui », dit-il à son messager, « qu’à partir d’aujourd’hui j’appellerai  ma lance –sans frere- parcequ’il a oublié son père , Tevarua ite  meharo, en acceptant Tu qui avait ordonné le massacre de ses cousins.

 

Tati , frère de Opuhara

 

Les Teva ne le reconnaîtront plus pour leur arii. »

           










Notre tradition de ce massacre auquel il se réfère, nous fait nous retourner en arrière à l’ancienne querelle de Purea et la mère de Tu, Tetuanui reia ite rai atea de Nuurua, et à la scène sur le rivage de Mahaiatea en 1768. Si elle était encore en vie en 1807, je ne le sais pas, quoiqu’en 1803, elle vivait encore lorsque mourut son mari Pomare Vairaatoa, et l’inimitié existait toujours.












(gravure representant la mort de Tu Pomare , avec son fils Pomare II a son chevet)

Conformément à l’étiquette de notre pays, les enfants des arii ne devaient pas être élevés par leurs parents, mais par leurs nourrices dont la charge héréditaire était sacrée. Les enfants de la maison de Papara vivaient donc à Vaiari en 1807, lorsque Tu envoyas ses gens pour les tuer, pour venger le sang de Teriivaeatua et de Tetua nui reia ite rai, qui avait été versé pour l’insulte de Purea. ( lorsque Marau fait allusion aux cousins ici, ou les enfants , on peut supposer qu’il s’agit du massacre des enfants de Temarii,frere cadet de Teriirere, ces enfants et leurs mère  ont été massacrés lors du raid de Pomare en 1807, évoqué par Mai arii dans les généalogies commentées)

 

            La rançon de la vengeance coûta la vie à ces enfants ; tandis que Tati et son cousin purent s’échapper par les montagnes jusqu'à Mahaena, et Opuhara fut porté par ses serviteurs à Papara.( dans Mai arii , on dit que Opuhara s’echappa par Mataiea….Mataiea est la commune de la femme de Temarii, mère des enfants royaux qui etaient sous la garde de Tati et Opuhara….est ce que Opuhara cherchait a rejoindre les enfants et leurs mère a Vaiari ?)

 

C’est cet outrage qu’Opuhara ne pouvait pardonner, ni pardonner à Tati d’avoir oublié. Il prit les rênes du gouvernement et fut proclamé Arii par le peuple qui l’adorait. Il régna comme Arii Nui des Teva et des Oropaa… Paea, Punaauia et Tefana i Ahurai (Faaa)… durant plus de dix ans.

A la tête de son peuple, Opuhara ne perdit pas le temps, les encourageant à se préparer pour les événements à venir. Il les tint occupés à préparer leurs armes, et cultiver la terre, puisqu’une grande quantité de nourriture serait nécessaire pour son armée. De nouveaux alliés vinrent se joindre à lui. Uni par des liens familiaux très étroits avec Hitiaa, Mahaena, Papenoo et Matavai, Opuhara fut un personnage puissant et influent, un chef que l’ont pouvait craindre.

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