Opuhara, héritier de Teva
Opuhara est aussi un descendant de Teva, Grand Arii Nui de la presqu’île de Tahiti.
Voici ce que Marau Taaroa, dernière Reine de Tahiti Raconte concernant Teva, L'Enfant du vent du sud (Maraamu) cher a Ahurei. (p.165.166)
TEVA, L'ENFANT DU VENT DU SUD? CHER A AHUREI
Trois générations après Tetunae, une fille naquit à Farepua à qui l’on donna le nom de Hotutu, « qui porte fruit ». Elle eut un enfant dont le nom devint le lien puissant qui continue à unir les plus grandes parties de Tahiti et d’Eimeo sous un seul ordre, un seul appel – Teva.
Hotutu était si belle que sa renommée arriva jusqu'à Vari matau hoe, un arii du marae royal de Vaearai à Raiatea qui incita celui-ci à faire de grands préparatifs afin de se rendre à Vaiari pour y faire sa conquête.
Mais il arriva qu’avant d’avoir terminé ses préparatifs de cadeaux d’arrivée, ainsi que sa grande flottille de pirogues, un autre prétendant, Te manu tunuu, un arii de Punaauia et cousin de Hotutu vint à Vaiari faire sa cour à cette ravissante fille et la gagna pour femme.
Elle suivit son mari à Punaauia et lui donna un fils, à qui ils donnèrent le nom de Terii ite moana rau i Punaauia, « le arii aux eaux nombreuses » ce qui signifie dont le pouvoir s’étendait au loin par delà les mers. Te manu tunuu décida d’aller lui-même dans les Tuamotu chercher les fameuses plumes rouges que l’on trouvait sur l’îlot de Faau (Niau) pour la consécration de son héritier ; et, suivi d’une nombreuses suite et de guerriers, il fit voile, espérant revenir six mois après.
Après son départ, Hotutu s’en alla à Vaiari demander l’ordre du rahui de longue durée en faveur de son fils. Pendant qu’elle y était, une grande flottille de pirogues fut signalée, lorsqu’elle se dirigea dans la presse royale, en annonça, « un visiteur royal », on appela les orateurs, et de grands fours furent préparés pour le recevoir. C’était Vari matau hoe arrivant en grande pompe.
Il fut reçu avec cérémoniale dû à sa naissance ; mais, à son grand regret il apprit que Hotutu était déjà la femme de Te manu tunuu de Punauia. Cependant, frappé par sa beauté il ne pouvait quitter Vaiari.
Les jours et les nuits se suivaient, pendant lesquels son amour pour elle devint une folie. Après qu’une année fut écoulée, et que Te manu tunuu était toujours absent, le peuple ayant décidé qu’avec ses compagnons ils étaient perdus, Hotutu finit par céder aux prières de son soupirant et accepta cet amour qu’elle ne pouvait plus lui refuser.
Cependant leur bonheur ne dura pas longtemps, quelques lunes seulement. Un jour qu’ils faisaient leur promenade matinale habituelle, ils se dirigèrent sur la pointe d’une colline qui surplombe la mer, d’où l’on peut voir la presqu’île de Taiarapu.
Les différentes lumières sur Te'aua'a appelée aujourd'hui
baie Phaeton:
Baie autour duquel Hotutu et Vari matau hoe se promenait.


« J’aime cet endroit, dit Vari matau hoe à Hotutu. Il me semble deviner Raiatea derrière les nuages. » Peut-être y allait-il si souvent, parce que de là, on pouvait voir le chemin qui mène de Taravao à Vaiovau, l’endroit d’atterrissage du côté de Hitiaa, par lequel viendrait Temaniu tunuu, s’il pressentiment et devint silencieux, il semblait avoir oublié la présence de Hotutu.
Etonnée de ce long silence, elle lui prit le bras et demanda : « Qu’y a-t-il ? Vari matau hoe, regarde-moi, pourquoi ne me réponds-tu pas ? »
Il la prit dans ses bras. « Hotutu, dit-il, je suis effrayé à la pensée que mon amour pour toi est si fort que je pourrais aller jusqu’à te tuer parce que tu as appartenu à un autre. Regarde ce nuage noir qui se lève à l’horizon. Il vient vers nous ! C’est un présage de danger, de malheur pour moi, peut-être même de mort. »
Heureuse de sentir encore ses bras l’entourer, elle le calma disant :
« Varii matau hoe, chasse ces nuages sombres qui me cachent à tes yeux.
Ne suis-je pas tienne pour la vie ? Je te suivrai à Raiatea ».
Comme ils s’en retournaient, main dans la main, ils étaient tellement absorbés l’un par l’autre, qu’ils ne virent pas deux yeux aimants et fidèles fixés sur eux, aboyant joyeusement. Un grand chien courut vers eux et, avant que Hotutu ne put dire un mot, sauta sur elle et lui lécha le visage.
Vari matau hoe furieux se saisit du chien et le rejeta loin d’elle.
Comme il était étendu par terre, étourdi, Hotutu s’écria : « Piihoro, mon chien ! »
Lorsqu’elle supplia Vari matau hoe de ne pas lui faire du mal, poussé par un passion jalouse, il répondit : « je ne pourrais jamais embrasser la figure de quelqu’un qui aura été léchée par un chien !
Certainement pas ta figure, car ceci est le premier baiser de Te manu tunuu que le chien vient de te transmettre ; ton mari sera bientôt ici. Par la loi de Farepua tu es à lui. Je dois partir, sinon je devrais tuer mon cousin.
- Mais je suis à toi ! cria-t-elle.
- Cela ne peut être. Je te laisse mon enfant qui est maintenant dans ton sein. Sa naissance sera illuminée par les lumières du ciel, sa bienvenue sera acclamée par les cieux, le manava par un coup de tonnerre, les arcs-en-ciel du Sud entoureront Vaiari en son honneur, la pluie oindra sa nature sacrée. »
Pour son héritage je lui donne le droit de l’insigne royal de Vaearai, la ceinture de plumes rouges de Havai, la couche de Taaroa, la couronne de plumes rouges, l’éventail Nunaa i hau, le sceptre de miro, la ceinture Tiaperetii. Ce sera sa propriété et celle de ses descendants de génération en génération jusqu'à la fin des générations.
Tu appelleras Teva l’enfant d’Ahurei. Tu lui construiras un marae que tu appelleras Tena mataoa o Tahiti – les yeux sacrés de Tahiti. Sur ce marae il portera les insignes que je viens de lui donner. »

Dernier Vestige du Marae Mata oa détruit en 2003 à Papara.
Ni les pleurs, ni les supplications de Hotutu n’arrivèrent à vaincre le silence qui s’en suivit pendant qu’il la regardait intensément. Finalement, il lui dit : « Hotutu, je viens de graver ta face dans mon âme. Cela brûle comme du feu ! »
Avant qu’elle ne put le retenir, il se jeta dans la mer et lorsqu’il disparut Hotutu vit comme une queue de poisson au lieu de ses pieds.
C’est pourquoi il fut dit que Vari matau hoe était un dieu poisson.
« Le ciel cria, les nuages s’enflammèrent, la pluie crépita, lorsque Hotutu ouvrit ses flancs pour donner le jour à l’illustre Teva, l’enfant chéri de Ahurei déesse du vent du sud-est ».
Hotutu vint à Papara où elle lui fit élever le marae Tena mataoa o Tahiti.
La pierre de fondation de Mata-o’a ainsi que le siège de pierre où trône viennent également du marae royal de Farepu’a.
Plus tard, Teva devint le nom du clan qui existe toujours.
Teva grandit à Papara, le préférant à Vaiari, car là, il était loin de l’étiquette rigide de la cour et loin du terrible prêtre Te ao, « la lumière ».
Teva aimait errer, pêcher, batailler avec les vagues. Pendant des jours et des jours, il disparaissait avec ses serviteurs au grand désarroi de sa famille, car Teva, en tant que arii rahi, « le grand arii », était un enfant précieux. Tout le long de la côte, on montre encore, les différents endroits où il passa la nuit, les rivières où il se baigna, les différentes eaux où il pêcha.
A Papara, Teva ceignit la ceinture de plumes jaunes de la prêtrise par son droit de lignée de Farepua, la ceinture de plumes rouges de la royauté, par son droit de descendance de Vaearai. Le pays chante toujours ses louanges, l’histoire est pleine de son nom, qui vivra aussi longtemps que vivra Tahiti.
Le nom de Teva fut pris pour un nom de clan, à cause de ses derniers enfants, Mataiea, Afaahiti, Hui et Taiarapu, qu’il plaça, à la tête de ces districts dont les noms sont restés jusqu’à nos jours.
Autrefois Hui et Taiarapu formaient le district de Teahupoo lequel avec Vairao, Papara, Atimaono, Mataiea, Vaiari constituaient les Teva i Uta, ou les Teva de l’intérieur, ayant à leur tête Papara, appelé aussi les yeux et la bouche.
Le clan était donc officiellement composé de huit districts : e Hâ te Teva i Uta, e Hâ te Teva i tai. Ce qui signifie que quatre sont les Teva de l’intérieur, quatre sont les Teva de l’extérieur.
Ils formaient la plus grande force de l’île.
Les Teva de l’intérieur prenaient leurs limites de Vainiania à Vaiovau ; les Teva de l’extérieur prenaient leurs limites de Vaiovau à Rapae au Pari, la falaise de Taiarapu. Les ordres donnés au clan ne pouvaient l’être que par les Arii de Papara, sanctifiés sur le marae de Farepua.
Les familles de Papara et de Vaiari et leurs alliés étendaient leur influence sur l’île presque toute entière, les Teva et leurs alliés tenaient en main tous les quarante-cinq milles du littoral à Taiarapu et sur toute la moitié ouest de l’île principale, c’est-à-dire environ trente-sept milles, de Taravao jusqu'à la limite de la ville moderne de Papeete.
Les quatre-vingt milles de la côte la plus riche étaient plus ou moins contrôlés par les Teva, les autres familles de l’île en occupaient à peine quarante ; et sur ces dernières s’étendait l’influence de la famille de Papara et de Vaiari. Au-delà de Punaauia venait Tefana (Faaa) qui était aussi leur allié. La tradition tahitienne, disait que l’île ressemblait à un poisson avec un corps et une queue, la tête étant la pointe extrême Sud, Matarupau, au Pari de la péninsule de Taiarapu, la queue étant à Tataa à Faaa où Tefana i Ahurai, la pointe nord-ouest de l’île principale.
Si, comme au temps de Cook, chaque mille de la côte contenait, en moyenne, un millier de personnes, l’île principale de Tahiti et sa péninsule de Taiarapu, contenant une population de cent vingt mille habitants sur ses cent-vingt milles de côtes…les Teva et leurs alliés devaient compter plus de quatre-vingt mille personnes. Les Teva n’étaient pas seulement puissants par eux-mêmes et leurs alliés, mais parce qu’ils étaient aussi unis à Eimeo par le traité passé entre Tetunae et Marama à Vaiari, consacré sur le lieu sacré de Farepua ; alliance fortement maintenue par le demi-frère de Teva, Terii ite moana rau i Farepua, Arii suprême de Tahiti, fils de Hotutu et de Temanu tunuu. Ils l’étaient aussi par la faiblesse de leurs rivaux.
Le clan est resté uni malgré toutes les manœuvres des intrigants qui ont essayé de les désunir ; leur solidarité est aussi forte que jadis ; ils obéissent toujours avec révérence à l’ordre des âges ; ils répondent toujours à leur appel :
Teva la pluie, Teva le vent, l’enfant cher à Ahurei, le vent du sud.
Papara l’œil, Papara la bouche,
Papara le commandement, Papara la tête ;
Teriirere i outu rau ma Taoarai, le arii
Le arii entouré par les arcs-en-ciel de Manunu,
Le arii des deux grands yeux de Teva
La pluie de ura, la pluie de sang est suspendue sur Taputuarai.
Voici la Généalogie de Teva selon MAI-ARII dans son livre « GENEALOGIES COMMENTEES DES ARII DES ILES DE LA SOCIETE »
Après la naissance de Teva, Hotutu s’en retourna à Punaauia et vécut de nouveau avec son mari Temanutunu’u.
Hotutu eut six enfants de Temanu de Punaauia :
1) Teriitemoanarau -2) Terii-nui-o-Tahiti -3) Temoanarau -4) Hotutu -5) Feu -6) Tera’i-feteui-o-Tane.
Teriitemoanarau épousa Houatua i Utuai qui lui donna quatre enfants :
1) Hurimaavehi i Farepu’a qui régna à Vaiari
2) Taraau-aana
3) Hou i Utuai
4) Nu’u i Punaauia marié à Tutea-nui-fafau-aru fille de Uè.
Nous continuerons cette généalogie des arii de Punaauia en temps opportun.
Maintenant revenons à l’histoire des familles régnantes de Vaiari, Mataiea et Papara. Il s’agit en fait de l’histoire d’une seule et même famille.
Après sa consécration en tant que prince rég nant de Papara, sur le marae Mata-o’a, Teva se maria une première fois avec Huitoa i Iriti du marae, Hitiaa ; ils eurent cinq enfants :
1) Aumoana i Mata-o’a qui succéda à son père comme prince régnant de Papara.
2) Afaahiti dit Rapae ou Vaiovau
3) Vaira’o ou Fareaito
4) Feu ou Vaiari iti
5) Mataiea.
De sa deuxième épouse nommé Huito’érau, Teva eut cinq autres enfants ; Hui, Taiarapu, qui se trouva enceinte de Pa’uu du marae Haamana, un guérrier de Tefana (Faaa), Tauira épouse de Roohotu Tava’e et des jumeaux Hae-uta et Hae-tai.
Teva eut donc dix enfants et grâce à l’appui de sa mère la reine Hotutu de Vaiari, il les fit régner sur différentes principautés.
L’aîné Aumoana sur Papara ; Feu, ou Vaiari, sur Vaiari iti appelée aujourd’hui Atimaono ; Mataiea sur Vaiuriri, Afaahiti sur Faahitira’i ; Vaira’o sur Vaiuru ; Hui et Taiarapu sur le reste de la presqu’île.
Certaines de ces principautés sont devenues par la suite chefferies, districts puis communes qui portent encore les noms de ces princes issus de Teva.
Malgré les liens de parenté qui les unissaient, Teva craignait que des dissensions ne surgissent entre ses enfants, il demanda donc à sa mère Hotutu souveraine régnante, d’organiser une grande assemblée réunissant tous les princes régnants de Papara, Vaiari iti, Mataiea, Vaiari nui et ceux des quatre principautés de la presqu’île : Afaahiti, Vaira’o, Hui et Taiarapu.
C’est à Papara que cette assemblée historique eut lieu sur le « Tahua Apatea’e » (la place d’Apatea’e).
Teva prit lui-même la parole et démontra clairement dans un discours plein de bon sens, l’intérêt pour tous, d’une paix durable basée sur des sentiments de fraternité, de compréhension, en un mot d’union, dans le respect des lois et coutumes pleines de sagesse de l’ancêtre et grand législateur « Tetuna’e nui ».
Tous d’un commun accord, acceptèrent qu’une fédération comprenant les principautés majeures soit établie ainsi qu’une alliance défensive dont Teva serait la tête. Cette alliance défensive dont Teva serait la tête. Cette alliance est connue sous le nom de « Te Api Nui o Teva » la grande alliance des Teva.
La fédération comprenait Papara qui en était le centre, Vaiari iti, Mataiea et Vaiari nui formant le « Teva i uta » ou teva de l’intérieur ; Afaahiti, Vaira’o, Hui et Taiarapu formant le « Teva i tai » ou Teva de l’extérieur.
Ces huit principautés constituaient ce qu’on appelle « Na Teva e va’u » chantées encore de nos jours dans les « tarava ».
Pour conclure Teva déclara solennellement, que cette fédération serait une et indivisible, un roc indestructible qu’assiègeraient en vain les vagues de la mer et qui tiendrait de génération en génération, tant que ces huit principautés resteraient unies.
L’histoire nous montre que les « Teva » furent imbattables aussi longtemps qu’ils restèrent unis.
Papara fut le berceau de cette grande famille des « Teva »dont les enfants régnèrent sur les principales principautés de l’île et répandirent sur Tahiti une gloire sont les derniers rayons éblouissent encore la mémoire des anciens.
En souvenir de son fondateur, cette fédération prit comme devise le quatrain suivant :
Teva te ua ! (Teva la pluie)
Teva te mata’i ! (Teva le vent)
Teva te mamari ! (Teva les œufs de poisson)
E mamari iti au na Ahurei ! (des œufs de poisson chers à Ahurei)
Qui signifie : Teva est fort et impétueux comme la pluie et le vent ! Nombreux comme les œufs de poisson !
(N’oublions pas que teva est le fils de l’homme-requin et l’enfant chéri de Ahurei déesse du vent du sud-est).
Naguère, lorsque Tahiti n’était pas envahie par le bruit et les automobiles, au début des fêtes de juillet, les battements de tambour particuliers à chaque district, mettaient en effervescence la population de Papeete ; et l’on remarquait que les districts de Teva étaient souvent précédés par une pluie fine et un fort vent de sud-est, le mara’amu.
Les années passèrent, Papara branche cadette et tributaire de Vaiari (Papeari) l’aîné, devenait de plus en plus puissante.
A la mort de Teva, son fils aîné Aumoana lui succéda comme prince régnant de Papara, et comme chef de la fédération des « Teva».
Mais, Vaiari demeurait la capitale et le centre politico-religieux incontesté, avec le premier marae national de Farepu’a.
Huri-maa-vehi petit fils de la reine Hotutu succéda à sa grand-mère comme souverain de Vaiari. Ce prince fort et bel homme, mais sans caractère, fut la cause de la déchéance de la branche aînée. Très porté vers le beau sexe, Huri-maa-vehi ne pouvait maîtriser ses impulsions, il créa une affaire d’Etat, en faisant enlever la fille d’un ami du prince Oro descendant di roi Tetuna’e nui.
Oro, arii d’un sous-district de Papara, appelé Amo, soutint la cause de son ami et rassembla ses guerriers. Ce fut la guerre entre Papara et Vaiari, et cette dernière fut vaincu.
Papara devint alors la tête du pouvoir politique ; la branche cadette ayant subjugué la branche aînée de Vaiari-nui-i-te-vai-aara (la grande Vaiari aux eaux odorantes).
Le souverain Huri-maa-vehi fut jugé à la suite de sa conduite scandaleuse qui avait déclenché une guerre. Il fut condamné et déchu de ses droits politiques par le grand conseil du « Hiva » ; à sa mort ce fut Mataiea fils de Teva, sur régna à Vaiari et Mataiea.
C’est depuis cet évènement historique que les princes de Papara prirent en main les affaires politiques et administratives, et devinrent ainsi les véritables souverains de Tahiti.
Les alliances de Papara s’étendirent sur presque tout le pays et les îles avoisinantes, tout particulièrement par les liens du mariage.
Notons que le mariage avait une portée politique très importante dans les îles de la Société.
L’influence exercée par un arii nui sur certaines principautés provenait souvent de liens matrimoniaux.
Vaiari cependant conserva en tant que branche aînée son rang de préséance ; en vertu de ce privilège elle ne devint pas tributaire de Papara mais conserva une suprématie de prestige et une autorité religieuse en tant que berceau de la monarchie et de la religion avec Farepu’a, premier marae royal dont les autres marae principaux de Tahiti ne sont que des rameaux.
Nous avons vu que Aumoana, fils aîné de Teva, à régné à Papara, il est donc la tête d’une nouvelle lignée des souverains de Tahiti.
Mataiea fils cadet de Teva épousa Vaiuriri fille de Rua, ils eurent six enfants :
1) Mataiea
2) Tevana i Vaiari
3) Potiihere
4) Vaiuriri
5) Temoo Mataiea
6) Rua-te-fatu-nu’u
Mataiea (le jeune) épousa Naarii fille de Mou’aroa, de cette union sont nés plusieurs enfants dont Nua, Maha’itoa, Tefaanui.
Tefaanui se maria avec Puo-arii-e-tu i Hitiaa propriétaire de Manuatere, Tapuanini et Poritea. Ils eurent plusieurs enfants dont Puo-arii dit Tuahu.
Puo-arii épousa Te-vahine-nui-tahu-ra’i de Vaerota, cinq enfants dont Mou’aroa.
Mou’aroa fut marié à Tehei-ura i Poutahi petite-fille de Mahata’itoa fils de Mataiea (le jeune), Mairipehe te fenua. Ils eurent trois enfants dont une fille Te-vahine-nui-tahu-ra’i.
Te-vahine-nui-tahu-ra’i épousa Marama des marae royaux de Vaeara’i (Raiatea), de Vaiotaha (Porapora), de Matairea (Huahine).
De cette union naquirent plusieurs enfants notamment Tehuitaua (1er jumeau) Temau’u (2e jumeau) et Marama.
Tehuitaua eut de Paepaetaata, du marae du même nom, cinq enfant dont Tahura’i.
Tahura’i de son union avec Tera’itua i Nu’urua de Aimeo eut six enfants dont Mou’aroa dit Tetu’ua. Elle épousa en secondes noces Haapoua i Ra’iharuru, avec lequel elle eut six enfant également.
Tetu’ua se maria avec Tetuanui no Tetua-iriiri, sept enfants dont Maono.
Maono épousa Tetuanui du marae royal de Farepu’à à Vaiari, ils eurent six enfants :
1) Tevarua-te-meharo
2) Tetuanui i Farepu’a
3) Tehi’ohi’o-o-te-ra’i no Vaiari-iti
4) Maono
5) Teriifaatau
6) Nani’a-i-te ra’i-e-tu-i-Farepu’a.